Qui sommes-nous ?

Solidarité avec tou.te.s les migrant.e.s, exilé.e.s, déplacé.e.s

La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés veut construire une solidarité concrète avec tou.te.s les migrant.e.s. 

Elle dénonce et veut combattre les politiques migratoires belges et européennes actuelles et rappelle que le droit de vivre dans la dignité appartient à tou.te.s.

Les origines de la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés

En 2014, le nombre de personnes ayant été forcées de fuir, soit au sein de leur pays, soit dans un autre pays, du fait de persécution, d’un conflit, de violence généralisée ou de violations des droits humains, s’élevait à 59.5 millions de personnes.

Rien qu’en Syrie, la répression puis la guerre ont provoqué la fuite de plus de 4 millions de Syrien.ne.s de leur pays[1] et le déplacement de 7.6 millions d’entre eux/elles au sein de leur propre pays (statistiques UNHCR). En outre, des millions d’autres personnes ont fui la pauvreté ou les conséquences des changements climatiques.

Parmi ces personnes, la plupart ont trouvé refuge dans les pays avoisinant leur pays d’origine. A titre d’exemple, ensemble, la Jordanie, la Turquie, l’Egypte et le Liban accueillent environ 95% des réfugié.e.s syrien.ne.s. Cependant, une minorité parvient à atteindre l’Europe, où, selon la Convention de Genève de 1951, ils/elles peuvent soumettre une demande d’asile. Depuis le début de l’année, plusieurs centaines de milliers de demandeurs d’asile sont parvenus aux frontières de l’Europe, ou sont entrés sur le territoire d’un Etat membre. Ils/elles ont fait un trajet parfois dangereux et toujours éprouvant. Ils/Elles ont franchi les murs, les mers et les frontières et payé le prix, en risquant leur vie, leur santé, leur intégrité et ce qui restait de leurs biens.

Or, notre pays n’était pas prêt à les accueillir. Le gouvernement précédent, sous l’impulsion notamment de l’ancienne Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block, a fait fermer 5.000 places d’accueil. L’actuel secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken, a éliminé plus d’un millier de places dans les centres d’accueil en milieu ouvert avant juillet passé, alors que les populations, victimes de guerre, étaient déjà sur les routes. Des dizaines, puis des centaines de candidat.e.s à l’asile se sont retrouvé.e.s sans logement et sans assistance à attendre de pouvoir être reçus par l’Office des Etrangers. Parmi eux, des Syriens mais aussi des Irakiens, des Afghans, des Erythréens, etc.

C’est pourquoi, un mouvement citoyen s’est créé le 2 septembre dans la capitale. Plusieurs collectifs et un nombre incalculable de citoyen.ne.s bénévoles se sont réunis pour établir la « Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés ».

Dans l’urgence, une offre de repas, de soins de santé, un hébergement, des animations, un soutien psychologique ou scolaire tous âges ont été aménagés dans le Parc Maximilien, qui jouxte l’Office des Etrangers.

Les nouveaux habitants du Parc et tous les bénévoles ont vécu plusieurs semaines difficiles, dans l’attente quotidienne d’une prise en charge de cette « crise » par le gouvernement.

Progressivement, des solutions ont été mises en place, telles que l’ouverture du WTC III. Aujourd’hui, le camp a été démonté.

Bien qu’elle ait fait ses preuves, la Plateforme ne souhaite pas se substituer à l’Etat belge, qui a une série d’obligations envers les demandeurs d’asile selon la législation européenne et internationale. Néanmoins, l’élan de solidarité envers les personnes forcées de fuir et la prise de conscience des failles de la politique migratoire belge restent.

Notre présent et notre futur

Aujourd’hui, la Plateforme veut s’inscrire dans la durée pour se construire sur base de cette belle solidarité envers les demandeurs d’asile et de cette mobilisation inédite des citoyen.ne.s. Elle veut également s’interroger sur les origines de cette crise et sur les changements nécessaires pour qu’elle ne se reproduise plus dans le futur.

Persuadée que seule une solution durable et solidaire, fondée sur le respect des droits humains de toutes et tous, peut être envisagée pour faire face à la situation actuelle, la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés prend donc les positionnements suivants.

Pour la guider dans ses actions et ses réflexions, la « Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés » énonce les principes suivants :

  • Les migrant.e.s, en ce compris les réfugié.e.s tels que définis dans la Convention de Genève, les migrants économiques, les réfugiés climatiques, etc. sont une richesse et seules les divisions et la mise en compétition des opprimé.e.s ont un coût.
  • La Belgique et l’Europe ont besoin des migrant.e.s autant pour leurs démographies que pour leurs économies. Les arguments fondant la division et le rejet de l’autre nuisent au bien-être de tou.te.s.
  • Les flux migratoires actuels sont composés de candidat.e.s recevables dans le cadre des conventions de Genève. Il semble impératif que l’Etat belge fasse preuve, au minimum, de la solidarité imposée par les Conventions internationales et prenne en compte les condamnations dont il a déjà fait l’objet, de la part de la Cour européenne des Droits de l’Homme ou de la Commission européenne. L’Etat belge doit aussi, rapidement, consacrer davantage de ressources à l’enregistrement des demandes d’asile et à l’augmentation de la capacité d’accueil à court terme, mais aussi travailler sur son augmentation à long terme ainsi que sur une amélioration de sa qualité.
  • Depuis plusieurs années, l’Union européenne se replie sur elle-même et met en place des réponses sécuritaires (ex : construction de murs, fermeture des frontières). Ces réponses sont parfois illégales et/ou n’ont pas démontré leur efficacité. Elles poussent ces personnes, qui n’ont eu d’autre choix que de fuir, à mettre leur vie et celle de leurs enfants en danger. Cette Europe-là n’est pas la nôtre. L’Union européenne doit encourager la solidarité entre ses Etats membres, les idéaux de paix et de démocratie tel que le dispose le Traité sur l’Union européenne[2] et être une terre d’accueil pour les personnes migrantes.
  • La Plateforme se veut un lieu de rencontre et de convivialité où peuvent naître des idées et des initiatives en faveur d’une solidarité entre les citoyen.ne.s et les migrant.e.s. Elle veut consolider le travail accompli jusqu’ici par les Groupes qui la composent, notamment offrir un accompagnement tout au long de la procédure d’asile et après (aide juridique, traduction, etc.).
  • La Plateforme souhaite mener des actions de sensibilisation et de mobilisation autour des questions migratoires. Pour ce faire, elle va créer des synergies entre elle et les organisations déjà actives en Belgique et ailleurs en Europe. Nous souhaitons, d’ailleurs, saluer le courage et apporter notre soutien aux travailleu.r.ses de l’accueil comme à tou.te.s les travailleu.r.ses sociaux, qui sont confronté.e.s à la misère et à la violence créées par les politiques inadaptées de nos gouvernements.

Dès aujourd’hui, la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés souhaite ouvrir le débat sur les options suivantes et diffuser ses réflexions auprès des citoyen.ne.s et des décideurs économiques et politiques:

  • la mise en place de solutions de migration sures et légales, comme un couloir humanitaire, l’octroi de visas dits « humanitaires » ou l’activation immédiate de la Directive Protection temporaire ;
  • un moratoire sur les règlements de Dublin, qui disposent notamment qu’une demande d’asile doit être examinée par le premier pays européen dans lequel la personne est arrivée, alors même que certains pays frontaliers se montrent incapables, ou sans la volonté, de répondre aux besoins élémentaires des demandeurs d’asile et d’analyser leur demande ;
  • une surveillance accrue des activités de l’agence Frontex et/ou la réorientation de celles-ci vers le soutien aux garde-côtes qui organisent les sauvetages en mer et/ou le soutien aux polices des frontières pour faciliter l’identification et la prise en charge des personnes vulnérables (ex ; mineurs) et l’accès à la procédure d’asile ;
  • l’élargissement des critères donnant droit à une protection au sein de l’Union européenne ;
  • la prise en compte des revendications des collectifs de sans-papiers, comme la révision des conditions d’accès au séjour prolongé ainsi qu’aux droits et devoirs relatifs à la citoyenneté ;
  • la fermeture des centres fermés, qui sont un coût pour notre société et pas une solution pour des personnes qui n’ont commis aucun crime.

[1] D’après l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), le nombre de réfugiés syriens a dépassé le chiffre de quatre millions. Ce nombre devrait s’élever à 4,27 millions d’ici la fin de l’année.

[2] L’article 3.5 du Traité dispose que, « Dans ses relations avec le reste du monde, l’Union affirme et promeut ses valeurs (…). Elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la planète, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant, ainsi qu’au strict respect et au développement du droit international, notamment au respect des principes de la charte des Nations unies ».